Qualité de l'eau
En pisciculture, l'eau est à la fois le milieu de vie, le vecteur d'oxygène et l'exutoire des déchets. Sa surveillance constitue la part la plus technique du métier.
Oxygène dissous
C'est le paramètre limitant. Sa solubilité baisse quand la température ou l'altitude augmentent, alors que la demande des poissons croît avec la chaleur et après le repas. Une valeur inférieure à cinq milligrammes par litre entraîne un arrêt de la prise alimentaire, en dessous de trois la mortalité s'installe. L'oxygénation d'appoint, par diffuseur ou par injection d'oxygène liquide, est devenue la norme sur les sites chargés.
Azote
Les déjections et les restes d'aliment produisent de l'ammoniac, toxique sous sa forme non ionisée dont la proportion augmente fortement avec le pH et la température. Les bactéries nitrifiantes le transforment en nitrites, eux-mêmes toxiques par blocage du transport de l'oxygène dans le sang, puis en nitrates, bien mieux tolérés. En circuit fermé, l'équilibre de ce cycle dans le filtre biologique conditionne tout l'élevage.
pH et dureté
Les salmonidés supportent une plage large mais préfèrent une eau légèrement alcaline. La dureté carbonatée sert de tampon et empêche les variations brusques de pH ; une eau douce et peu tamponnée oscille dangereusement au fil de la journée sous l'effet de l'activité biologique.
Matières en suspension
Les particules irritent les branchies et servent de support aux bactéries. Leur élimination passe par la décantation, les filtres à tambour et le tranquillisant réglage de la vitesse d'écoulement. En sortie d'exploitation, leur teneur figure parmi les valeurs surveillées au titre de la réglementation sur l'eau.
Surveillance
Le suivi combine des sondes en continu pour l'oxygène et la température, avec alarme et report d'astreinte, et des mesures manuelles plus espacées pour l'azote et le pH. L'observation reste irremplaçable : des poissons rassemblés en surface ou à l'entrée d'eau signalent un manque d'oxygène avant que la sonde ne franchisse son seuil.